Le continent Sud Américain donne l'exemple ?
"Comme
Michelle Bachelet au Chili,
Cristina Kirchner en Argentine et Laura Chinchilla au Costa Rica, Dilma Rousseff, première femme élue présidente du Brésil, rejoindra le 1er janvier le club très fermé des femmes chefs d'Etat. A 62 ans, elle succédera au charismatique Luiz Inacio Lula da Silva et devra prouver qu'elle est capable d'exercer le pouvoir sans la tutelle de son mentor politique.
«Au Brésil, on a essayé de délégitimer politiquement Dilma (Rousseff) parce qu'elle a été choisie par Lula, comme si elle n'était pas capable de prendre ses propres décisions du fait qu'elle est une femme, a expliqué à l'AFP la professeur Rosemary Segurado, docteur en sciences sociales de l'Université de Sao Paulo. Le fait de n'avoir jamais été candidate à une élection avant de remporter la présidentielle était donné comme la preuve qu'elle n'était qu'une marionnette aux mains de Lula, cela afin de disqualifier sa trajectoire», a-t-elle ajouté.
Trois précédents sur le continent
Diriger un pays selon sa propre vision et se débarrasser du « stigmate » d'avoir été une première Dame ou le bras droit d'un ex-président, c'est le défi que doivent relever chaque jour Cristina Kirchner en Argentine et Laura Chinchilla au Costa Rica. Ces femmes « doivent montrer qu'elles ne sont l'ombre de personne, affirme encore Rosemary Segurado. La politique en Amérique latine est un espace masculin et la société doit accepter qu'elles aient leurs propres opinions, idées et initiatives », a-t-elle ajouté.
Laura Chinchilla au Costa-Rica. Laura Chinchilla a été vice-présidente et ministre de la Justice du président Oscar Arias, avec qui elle s'est hissée au premier plan de la politique costaricaine. Plus récemment, elle s'est éloignée du leader local comme pour délimiter son propre espace et imprimer son style à sa gestion.
Christina Kirchner en Argentine. Dans le cas de Kirchner a rappelé la spécialiste, on disait qu'elle avait plus d'influence que son mari Nestor quand elle était sénatrice mais, quand elle est devenue présidente, «on aurait dit qu'elle n'avait pas eu de passé politique», a souligné Rosemary Segurado.
Michelle Bachelet au Chili. Avant d'occuper le palais de la Moneda, l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet avait été ministre de la Défense et avait dû négocier avec les forces armées en grande partie encore influencées par l'ancien dictateur
Augusto Pinochet. Le 1er janvier, elle assumera la direction d'«ONU Femmes», une nouvelle organisation des Nations Unies chargée d'améliorer la condition et les droits des femmes dans le monde. «Bachelet est le cas d'une femme qui a une trajectoire propre, personnelle et qui a réussi à montrer qu'elle n'était pas seulement une création de l'ex- président Ricardo Lagos», a souligné Rosemary Segurado.
L'ex-chef d'Etat du Chili a déclaré récemment au quotidien O Estado de Sao Paulo que l'élection de Rousseff « va attirer l'attention sur le fait que les femmes du monde entier doivent avoir de meilleures conditions et être vues comme des acteurs qui décident. Cela contribuera à changer la croyance selon laquelle les femmes sont des citoyens de deuxième classe ».