« Les femmes, la maternité et le travail »
Entre 25 et 40 ans les femmes ont généralement 2 envies quasiment inconciliables : faire carrière et faire un enfant ! Et en plus il faut concilier cela avec une vie de couple, une vie sociale parfois même une vie
associative.
Cette envie de faire un enfant n'est pas seulement physiologique chez la femme. Bien sûr il y a cette petite horloge biologique qui a 30 ans se mets à faire tic-tac dans notre tête. Il y a également et heureusement aussi l'envie du couple d'avoir un enfant à aimer. Mais il y a aussi la pression culturelle et sociétale. Est ce vraiment facile d'être « nullipare » (sans enfant) dans notre société ? Depuis l'enfance on nous prépare à cette « fonction » : être maman.
Déjà tout petit nos jouets nous déterminent. Aux filles : la couleur rose, les poupées, les dinettes et désormais les appareils ménagers miniatures « comme maman » poussant l'imitation jusqu'au nom de la marque. Aux
garçons : l'exploration des sciences, les legos, les mécanos, les costumes de pirates. L'aventure et la liberté.
Lors de l'orientation scolaire, ensuite, les jeunes filles sont souvent freinées dans leurs choix de carrières et de filières. Notre société leur inculque combien leur rôle de future mère ne leur « permet pas tout » : ambition de
carrières, mobilité géographique, fonctions de responsabilité et de pouvoir, métiers « à risque », métiers prenants etc.
Lors des premiers entretien d'embauche, ensuite, on subit des questions récurrentes : « Avez vous des enfants ? » « Pensez vous faire un enfant bientôt ? » « qui garde vos enfants ? » des questions bien indiscrètes ! Pose t
on les mêmes aux hommes ? Et du coup nos salaires à poste égal ne sont pas les mêmes, peut être en
prévision de futures absences pour maternités successives, maladies des enfants, rentrées des classes ? Et combien de fois entend on en société, que certes « celle ci n'a pas un gros salaire mais que comme son marie mène une brillante carrière cela compense », cela compense quoi ??? la carrière de nos compagnons est elle plus importante que la notre, et donc devons nous nous contenter de celle-ci !
Toutefois la maternité ne doit plus être vécue comme un handicap ! Il est bon de noter que celle-ci donne confiance en soi. Et bon nombre de femmes réorientent leurs carrières, créés des entreprises ou réorganisent leur vie familiale (voire de couple) juste après leur première grossesse.
Toutefois subsiste un problème : en France si il y a une place d'école pour chaque enfant, comment se fait il qu'il n'y est pas un mode d'accueil automatique pour les 0-3 ans ? En France 55% des parents attendent un mode de garde individuel (assistantes maternelles) ou collectif (crèche). Il nous appartient également – homme et femme – de réfléchir au mode d'accueil (et non de garde : ce ne sont pas des petits chiots!) de nos touts petits en France car nos enfant sont l'avenir de cette république qui les néglige dans la plus tendre enfance. Les psychologues nous disent que l'enfant se construit entre 0 et 3 ans, et que fait on : sur 100 enfants gardés
hors de la cellule familiale, seuls 30 accèderont à une place en crèche. Les 70 restant le seront pas une assistante maternelle qui est bien mal considérée par la société. Payée entre 2,80€ et 3,50€ de l'heure. Pas ou peu formée. C'est un mode de garde cher pour les parents et qui en plus tient parfois de la loterie quant à la qualité de l'accueil. Du coup, ils sont tellement nombreux ces parents qui ne peuvent reprendre leur travail, ou qui le reprennent à temps partiel « non choisi », parce que leur enfant n’est pas accueilli. Le congé parental lorsqu'il est un palliatif à l'absence de mode de garde à une conséquence : les femmes sont en train
de rentrer à la maison !
Et en plus elles rentrent à la maison avec l'assentiment d'autres femmes : féministes naturalistes, filles de Rousseau, qui trouvent qu'il n'y a rien de mieux pour l'enfant qu'une mère à la maison, qui allaite, qui cuisine tous les jours, si possible du bio et qui lave les couches. Si tel est leur choix tant mieux mais il est dangereux de culpabiliser toutes celles qui ne souhaitent pas (ou ne veulent pas) faire tout cela, de culpabiliser toutes celles qui se réalisent autrement que dans la maternité. Aimer son enfant n'est pas l'allaiter : sinon que dire de toutes les femmes qui adoptent ? N'aimeraient telles pas leur enfant ? Et les pères ne sont ils pas aimants ?
Il est temps de repenser la société : les mères que nous sommes élèvent des filles et des garçons ! A nous de leur apprendre le partage des tâches, le respect de tous, l'égalité et la fraternité entre les filles et les garçons. Et surtout pour chaque enfant la liberté de choisir sa vie !